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Du bambou à l’Urushi... la facture du shakuhachi


par Jean-Marie FOUILLEUL luthier

Le bambou

Le bambou "Madake"
Les bambous utilisés pour la facture des shakuhachi ont des parois épaisses (5 à 10 mm environ). Ils proviennent principalement du Japon. Ils sont récoltés avec la racine, pour l’aspect esthétique certes, mais cela prédétermine aussi les caractéristiques de la perce (perce conique, cf chapitre "La perce") Après la récolte ils sont chauffés sur des charbons de bois avant de sécher à l’air. Le diamètre du bambou, la répartition des nœuds préfigurent déjà des qualités du futur instrument.

2 bambous
à gauche un bambou madake pour une flûte 2.1
à droite un bambou "smoke madake"


L'embouchure "Utaguchi"

Pour générer le flux d’air qui fera « sonner » la flûte, il faut réaliser un biseau au niveau de l’embouchure de l’instrument.
L’angle est évidemment primordial pour l’émission du son.
Pour renforcer ce biseau , la partie interne du bambou étant trop tendre, on insère une pièce en corne, ivoire ou matière synthétique.

utaguchi
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utaguchi
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utaguchi
utaguchi
utaguchi
utaguchi
utaguchi
Les étapes de la fabrication de l'utaguchi

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Un utaguchi en corne

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Un utaguchi en ivoire de mammouth


La perce

C’est la partie la plus délicate, la plus précise de la facture de tout instrument à vent.
C’est de la perce que dépend la justesse et l’équilibre des notes.
Elle peut être de différent type : cylindrique, conique.
Sur le shakuhachi globalement, la perce est de type conique inversée, la partie la plus étroite du cône se situant au niveau de la racine du bambou.
En y regardant de plus près, la perce est une succession de segments cylindriques et coniques, avec des points resserrés qui déterminent des points de pression acoustique dans le tuyau.

Pour plus de précision sur le fonctionnement d’une colonne d’air vous pouvez consulter le site de :
Philippe Bolton, facteur de flûte à bec

La flûte à bec présente une perce très proche du shakuhachi.

Pour réaliser la perce, il est préférable de se référer à un profil de perce tracé sur papier millimétré, et utiliser des jauges qui permettent de vérifier le diamètre interne sur toute la longueur de la flûte.

perce

perce

perce

perce


Les trous

L’emplacement des trous et le profil de la perce sont intimement liés.
Si besoin, pour affiner la justesse, on pourra procéder au "soucoupage", les trous seront alors agrandis à l’intérieur de la flûte, vers le haut ou le bas de l’instrument.
Les trous sont réalisés à l’aide d’une mèche spéciale appelé "Hanegiri".

trou

trou


Joint "Nakatsuke"

Pour faciliter le travail de la perce, et la pose de la laque, le bambou est coupé en deux parties et assemblé par un insert en bambou appelé "Hoso".
Sur la partie externe, l’assemblage est consolidé par des bagues métalliques, décorées au goût du facteur.

joint

joint

joint

joint

joint
Joint déco écorce de cerisier


Laque "Urushi"

La finition de la perce se fait en appliquant une laque appelée "Urushi".
Cette laque a la particularité de sécher en présence d’humidité.

urushi

urushi


Les ligatures

Très sensible à l’hygrométrie, le bambou craque rapidement s’il est exposé dans une atmosphère trop sèche.
Pour éviter ce désagrément, ou réparer une fissure, on ligature le bambou avec un lien en bambou ou avec une cordelette.

ligature

ligature

ligature

ligature

ligature
Réparation sur bambou fendu


Les flûtes finies

Quelques exemples de flûtes :

finition

finition

finition

hanko
Le shakuhachi achevé, le facteur y appose son sceau "Hanko"


Jean-Marie Fouilleul

JM Fouilleul est luthier guitare depuis 1979.
Installé comme artisan en 1983, il obtient le titre de « Meilleur Ouvrier de France » en 1989.

JM. Fouilleul
Jean-Marie FOUILLEUL dans son atelier

Ses guitares l’amènent à voyager dans le monde entier et notamment au Japon où il s’imprègne de la splendeur et de la richesse culturelle de ce pays.
Il découvre le shakuhachi en 1996.
Fasciné par la sonorité de cette flûte en bambou, d'apparence sommaire, mais offrant une richesse de timbre insoupçonnée, et par la musique traditionnelle japonaise (Honkyoku) jouée sur cet instrument, il entreprend l'apprentissage du shakuhachi avec Véronique Piron, élève de Katsuya Yokoyama. Il approfondit ses connaissances et sa pratique avec Daniel Lifermann, Dai Shihan de l'école Hijiri Ryu de Teruhisa Fukuda. Il a également suivi des master-classes, en France et au Japon, avec Gunnar Jinmei Linder, élève du très célèbre Goro Yamaguchi.
Il suit aujourd'hui l'enseignement de Teruhisa Fukuda avec lequel il travaille régulièrement lors de ses séjours au Japon ou à l'occasion des tournées en France de ce grand maître du shakuhachi.
En 2009, lors d’un séjour à Tokyo, il apprend avec John Kaizan Neptune la facture d’un Jinashi (shakuhachi d’une pièce sans Ji, laque Urushi). Depuis, il approfondit avec des collègues français facteurs d’instruments à vent, la facture du shakuhachi (Jiari). Il propose aujourd’hui des flûtes dans la pure tradition japonaise avec un regard scientifique qui lui permet de mieux comprendre cet instrument magique et envoûtant.

Contact :
Jean-Marie Fouilleul
La villate
35270 Cuguen
02 99 73 39 83
courriel : infos@guitar-fouilleul.com

LA VOIE DU BAMBOU :

19 rue de Conflans
94220 CHARENTON-LE-PONT
Tel: 33 (0)1 43 53 25 60
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